Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 18:41
C'est bientôt noël, je peux le sentir au froid glacial qui règne et gèle les mains qui restent trop longtemps hors de leur poche. C'est bientôt noël et je bois seul dans une ruelle. Même en ce début de soirée on peut sentir l'affairement qui précède les fêtes, tout ces gens qui s'endettent pour acheter à leurs enfants la dernière console de jeu ou une de ces figurines hors de prix tirées des plus gros blockbusters. Pour ma part mes courses de noël se résument à aller jusqu'à la superette discount la plus proche pour me payer une bouteille de whiskey à 10 euros, histoire de passer une bonne soirée et de prendre un cours de philosophie liquide. J'ai perdu depuis un certain temps déja l'extase emphatique de Nietzsche et l'orgueil de Schopenhauer mais j'aurais sûrement droit au pathos de Cioran ou l'ironie désabusée de Bukowski, ce qui n'est pas si mal.
Tout doucement, à mesure que la soirée avance et que la bouteille se vide, de la même façon que l'on pense à changer de chaussures, la pensée de ma mort (provoquée) se précise. La pensée du suicide ne tolère que l'absolu, elle ne se présente qu'au milieu des foules les plus bruyantes ou dans un total silence, qui plus est le climat des fêtes de fin d'année est propice à ce genre d'idées, comme pour tout les pendus du nouvel an.
Néanmoins immédiatement aprés vient la pensée de tout ceux qui pourraient regretter ce geste : ma famille, mes amis et mon chat. Et puis bon il y a encore pas mal de trucs à faire et ce n'est pas trois sapins et une centaine de guirlandes qui vont changer cela.
Un groupe de personnes passent dans "ma" rue, et leurs regards en disent long sur leur mépris condescendant, mais niveau mépris je suis à la hauteur. Même assis par terre j'arrive à les regarder de haut, c'est dire ... Les salauds, j'arrive dans la phase où le besoin de réponses ou d'un bouc émissaire se fait sentir. Pourquoi ? Pourquoi gaspiller de la bouffe pour faire un bonhomme de neige ? Pourquoi est ce que toute les villas s'appellent "mon rêve ? En quoi possèder un maisonnette payé à crédit par un boulot harassant constitue un rêve ?
Ils sont déja loin et je suis là, saoul, à broyer du noir dans une ruelle. A quoi bon ? Les villas ne vont pas changer de noms  pour mon bon plaisir. Il se fait tard et je tremble de tout mes membres, autant broyer du noir dans un lit.
Par 404 - Publié dans : Textes, aphorismes... - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 12 2009 12:54
"La peur est la face cachée de l'imagination, son revers de la médaille" Thomas Harris

Ais vu Paranormal activity hier soir (en version piraté je précise, les places de cinémas coûtent trop cher pour ne pas choisir soigneusement les films à voir) et j'ai été assez déçu (même si mes espérances n'étaient pas grandes). Néanmoins on ne peut nier son efficacité lors de certaine scènes, la frayeur provoquée tenant toujours dans la peur de voir quelque chose et non la chose elle même (en particulier le plan fixe sur le couloir, qui fait toujours son petit effet quelque soit le film, et les bruits de pas). Ce film à au moins eu le mérite de me replonger dans les grandes peurs de mon enfance, toute ces petites choses qui font que la nuit est parfois un mauvais moment à passer.

Je me rappelle à quel point il m'était parfois difficile de me lever la nuit pour aller au toilette, à quel point j'avais peur de tomber sur "quelque chose". Je me levais et courais au toilette, ne regardant pas autour de moi, évitait de tourner la tête vers la porte ouverte sur ma droite, prenait le virage pour enfin arriver dans cette zone éclairée où j'étais pour un court instant en sécurité.
Mais tôt ou tard venait le moment où il fallait sortir de ces toilettes, je m'imaginais à chaque fois qu'un spectre/fantôme m'attendait juste derrière la porte et que j'allais tomber nez à nez avec lui. J'ouvrais la porte d'un grand coup et le fait qu'il n'y ai jamais personne ne diminuait en rien ma tension.
Venait ensuite le terrible face à face avec le long couloir dont je devais traverser la moitié pour regagner ma chambre. Là encore la peur de voir quelque chose débouler en face de moi était grande. Je ne sais pas pourquoi les couloir sont si effrayant, peut être parce qu'on ne peut que faire demi tour et tourner le dos à la chose en cas d'attaque, comme un piège.
Je sautais dans mon lit, éteignais la lumière et restais sur le coté, face à la porte, les yeux bien fermés. C'est à se moment que toute la perversité de l'imagination entrait en jeu. Bien que la porte de ma chambre soit fermée je pouvais ENTENDRE la chose s'avancer tout doucement vers moi, comme pour me punir d'avoir envahi un territoire qui la nuit était sien. Toute mon attention était fixée sur le bruit, je ne respirais plus, n'osait plus faire un mouvement et était persuadé que tout l'appartement pouvait entendre mon coeur battre tellement il battait fort.
J'entendais le parquet craquer doucement pas après pas et la plante des pieds crasseuses siffler en s'arrachant du sol pour préparer le prochain mouvement. Chaque pas était plus proche que le précédant et au bout d'une dizaine de minutes j'aurais juré que le "quelque chose" était à une dizaine de centimètres de mes yeux fermés de toute leur force.
Mon sang lui même n'osait plus bouger, venait ensuite ce moment de silence et de résignation : je m'attendais à ce que deux mains puissantes et glacées viennent soudain se serrer autour de mon cou pour m'entraîner dans les ténèbres et m'y faire disparaître.

Puis dans un élan de courage ou d'ultime instint de survie ma main émergeait hors du lit (je priais pour qu'elle ne rencontre rien sur son passage, surtout rien de trempé et glacé) pour tâtonner fébrilement et trouver après une poignée d'interminables secondes le bouton de ma lampe de chevet.
Je me redressais alors dans mon lit, en sueur et essoufflé, inspectant chaque coins de ma chambre tout en craignant toujours que la porte ne s'ouvre violemment.
J'étais tranquille pour cette nuit ...

[A lire si ce n'est pas déjà fait Lovecraft (en particulier les nouvelles : Les rats dans le mur ; Le monstre sur le seuil et L'affaire Charles Dexter Ward), Edgar Poe (La chute de la maison Usher) et Shining de Stephen King.]
Par 404 - Publié dans : Geekitude - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 12 2009 12:10
Mon enfance fut heureuse, je suis reconnaissant à mes parents d'avoir tout fait pour que moi et mes frères et soeurs puissent grandir dans l'insouciance. J'ai rencontré ma femme, Élise, au lycée et nous ne nous sommes plus jamais quitté. Notre couple à toujours été très équilibré. A mes 20 ans j'ai repris l'entreprise familiale et je compte bien sur Éric, l'aîné, pour la reprendre. Mes enfants sont intelligents et vivront j'en suis sûr une vie aussi longue et heureuse que la mienne, sans soucis et en accord avec les principes que la religion et moi-même leur avons donné.
Je meurs sans regret, en paix avec moi-même.

Par 404 - Publié dans : La réalité : simulacre et simulation - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 00:03
La table est noire, brillante et collante à cause de la bière renversée. L'endroit est sombre et la musique parvient presque à couvrir les discussions sans intérêts. Mon verre ne restera pas vide très longtemps, alors je profite. Fixer cette table en se concentrant sur chaque détails parviendra peut être à empêcher le monde de tourner. Lui rendra cette précision qui il y a quelques heures semblait inaltérable.
Mon estomac est plein, mes reins et ma vessie ne tiennent plus le rythme de cette ingurgitation effrénée, et pourtant je ne me suis jamais sentis aussi vide. On commence tous à boire pour les mêmes raisons : profiter de cet incroyable lubrifiant social nous rendant capable de toute ces petites choses insurmontables au quotidien ; rire d'un rien ; vivre mille et une situations improbables et inoubliables ; se sentir connecté à quelque chose ; trouver du sens.
Puis le temps passe. Ce qui était autrefois un moment attendu car peu fréquent, synonyme de fête, de rires, de rencontres et de souvenirs à redécouvrir le lendemain devient une habitude répugnante et vide de sens. L'alcool devient machinal, un geste famillier de la main vers la bouche, un ami peu fréquentable et antipathique que l'on retrouve pourtant tout les soirs. Un compagnon qui ne nous fait plus rire, ne nous réconforte plus mais au contraire nous laisse chaque fois plus abîmé et triste, comme une vieille pute nous jetant une tarte au visage après une poignée de minutes plus gênantes qu'agréables.
Cela ne m'empêche pas de me resservir, puisque le poison est aussi antidote, puisqu'au bout du compte viens toujours l'oubli, lui au moins ne manque pas à ses promesses. Il sera toujours temps de regretter demain matin, tourner dans son lit encore et encore, s'en vouloir et se hair un peu plus.

La musique est différente, nous ne sommes plus en sous-sol et la déco n'est plus la même. Je ne me rappelle pas m'être déplacé. En fait si, il y a eu cette fille sur le chemin, qui était ou en tout cas semblait être belle est intelligente, une illumination dans cette soirée décidément bien sombre et pathétique. J'ai beau regarder autour de moi elle n'est plus là, cette personne et ce délicieux parfum se sont évanouis dans les limbes d'un monde flou et distordu. J'ai beau chercher je suis incapable de retrouver ni la raison ni le moment exact de cette disparition ... Tant pis, une occasion de plus en moins, le shooter devant moi réglera sûrement le problème, et même si ce n'est pas le cas c'est sans nulle doute la meilleure chose à faire à cet instant.
Les autres tout autour de moi semblent s'amuser, mis à part une qui semble passer un mauvais quart d'heure à lutter pour ne pas vomir même si à mes yeux quelques litres de vomis contrebalancerait parfaitement la somme infini de stupidités qui ont fait irruption hors de sa bouche depuis le début de la soirée, j'essaie de suivre les conversations éparses et arrive même à faire rire quelques personnes avec mes habituelles sorties humoristiques.

Je ne veux plus être ici. Je ne veux plus être comme ça, seul et pathétique, et pourtant aucune autre situation ou état ne trouve grâce à mes yeux. Rien n'arrive à me soutirer plus qu'un sourire amer. Tout s'effondre dans la plus totale indifférence, tout devient sombre, tout disparaît. Il ne reste plus que moi, une table marron et un verre de tequila.
Tout ira mieux après ce verre, je le sens.
Par 404 - Publié dans : Textes, aphorismes... - Communauté : Ecriture Ludique
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 11 2009 22:45

 

 

Une de ces phrases qui vous font marquer un temps d'arrêt dans une lecture, une de celles dont on se rappelle avant de s'endormir (ou pendant la vaine attente du sommeil) : « On me jugera sur ce que j'aurais écrit et non sur ce que j'aurais lu » Cioran (à quelques exceptions près ma seule lecture non psychologique depuis deux ans).

Il est socialement bien vu de posséder une bonne culture générale et ceux dont on dit qu'ils savent « tout sur tout » sont le plus souvent objet d'admiration. Cependant être un « puit de science » ou une « encyclopédie vivante » n'est d'aucune utilité si ces connaissances ne servent pas de moyens à une production (je reviendrais plus loin sur l'exception de l'enseignement), tout comme il est ridicule de posséder une quinzaine de guitares si l'on n'est pas capables d'en jouer (la confusion moyens/fins, toujours).

Tout autre utilisation de ce savoir n'est que déballage inutile et vantardise, un « snobisme scolaire » (Léo Ferré. Je me plais à contredire dans la forme le fond de cet article). Répéter ce qui à été dit par d'autres et étaler sa science est à la portée de tous (à différents niveaux), trop peu sont capables de faire fermenter cette nourriture intellectuelle, la faire mûrir, pour en dégager une production propre et marquée par une autre subjectivité (même si en dehors des sciences cette opération ne consiste qu'en une reformulation de thèmes universels adaptés à la pensées d'une époque ou d'un courant social).


Même pour ce qui est de l'enseignement un bon professeur se doit se faire passer sa sensibilité propre et les thèmes qui lui sont chers (tout en gardant une part d'objectivité, au risque de tomber dans l'extrême inverse, tout aussi courant, du « ma voie est la seule valable, toute les autres sont erronées et toute contradiction serait une hérésie ») et ne pas se contenter de la docte récitation de faits et d'idées qui place l'enseignement au même niveau que la lecture d'un livre et lui fait donc perdre tout intérêt.

Tout comme un ministre devrait obligatoirement provenir du domaine dont il s'occupe (au lieu de l'actuel numéro de chaises musicales) je ne conçois pas un professeur qui n'est pas activement impliqué dans sa discipline.

Comme j'aurais aimé que mes enseignements de littérature et de philosophie aient été fait par des écrivains (Car la philosophie moderne est exactement ce que je dénonce : la production est réduite à son stricte minimum et l'on se contente d'enseignement, les philosophes modernes ayant pour principales fonction celle de sodomie d'insectes volants) sur le même principe que celui des enseignants-chercheurs de l'université !

Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 11 2009 21:29
En règle générale je me complais dans une certaine objectivité en ce qui concerne mes critiques, parce que rien n'est manichéen et que l'on peut trouver des points positifs et négatifs à tout (attention au point Godwin pour ceux qui voudrait mettre en doute ceci), de plus concéder à la thèse adverse quelques points positifs ne fait que souligner la liste des critiques que l'on y adresse... (l'inverse est également valable)
Je me suis récemment rendu compte que dans mon précédent article (la première cuvée de whiskeypedia) ma volonté de défendre l'encyclopédie libre Wikipedia face à ses détracteurs m'avait empêché de présenter les points négatifs liés à ce mécanisme de connaissance (La source de cette réflexion est le très bon Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, ce met ce lien à dessein pour la suite de l'article et vous en conseille la lecture).

Je suppose que vous avez lu le précédent article sur le sujet je n'ai donc pas besoin de présenter mon opinion sur ce site. Cependant quelque chose me gène dans cette démocratisation de la culture. Car la culture, même si cela ne me plaît guère, est aristocratique, et que l'on ne peut indéfiniment simplifier et vulgariser les choses. Se cultiver doit pouvoir être à la portée de tous et c'est un point que je ne peux concéder mais cela doit demander un effort et une volonté.

L'aspect négatif de Wikipedia est qu'il simplifie bien trop les choses : Un étudiant doit lire Jacques le fataliste de Diderot, un ouvrage très intéressant mais dont la lecture peut être rébarbative. Cet étudiant peut être sérieux et lire sérieusement les 300 pages du bouquin (peut être même continuer jusqu'au dossier servant d'annexe s'il est un élève modèle) ou bien faire comme les 10 % d'élèves moins sérieux prêt à payer 4.28 euros à la Fnac pour acheter le profil bac du livre et se dispenser de cette corvée. On assiste à une première nivellation vers le bas de la culture car même si le savoir est transmis le talent et l'humour de Diderot ne seront pas connus de l'élève peu sérieux.  Il semblerait finalement que notre élève soit encore moins sérieux que ce que je pensais puisqu'ayant à peine ouvert le livre il se précipite sur wikipedia pour obtenir le résumé du résumé de l'oeuvre contenant le strict nécessaire du point de vue du récit et des concepts abordés.
On passe donc d'une oeuvre de 300 pages enrichissantes mais quelquefois rébarbatives à une page recto-verso ne demandant aucun effort intellectuel particulier. L'article dont je me suis servis pour présenter Fahrenheit 451 est également un parfait exemple car chaque aspect ou presque du livre est présenté, le livre en moins...

C'est une mauvaise chose que la culture puisse être facilement accessible sur le plan intellectuel, et l'exemple que je présente est une mauvaise utilisation de l'outil intellectuel et culturel qu'est wikipedia, car un résumé ne rendra jamais justice à une oeuvre, quelle qu'elle soit, même si je suis parfaitement conscient que cette mauvaise utilisation est probablement la plus répandue.
Fahrenheit 451 à été écrit il y à une cinquantaine d'année mais la société qu'il décrit est très semblable à la notre : Une société qui ne pense qu'à s'amuser pour ne pas avoir à penser au problèmes qu'elle n'a pas envie d'affronter, une société qui veux se cultiver facilement comme elle veux maigrir sans faire d'effort, une société qui dicte ce dont on parle et les sujets qu'on passe sous silence...

Les dystopie d'hier sont nos quotidiens, je suis étonné que le taux de suicide des moins de 30 ans ne soit pas plus élevé. Mais nous sommes probablement les plus critiquables pour ne pas savoir nous y prendre pour changer ces choses et passer notre temps à donner des coups d'épée dans l'eau tout en analysant comment les générations précédentes s'y prenaient...
Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : Les chroniques de la meute
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 10 2009 17:15
Une de ces chansons qui arrivent à vous faire croire qu'effectivement tout à déjà été dit, avec en prime le clip (qui à prit un coup de vieux, contrairement aux paroles).


La lumière me gène quand il n'y a rien à voir
Le dégoût me prend pour chaque lueur d'espoir
Tout mes prochains rêves seront vos cauchemars
Devant le miroir tout devient blafard
Je suis trop fatigué pour te faire l'amour
Je suis lassé pour vivre au jours le jours
Je n'aspire qu'à un rêve chloroformé
Devenir invisible dans la neutralité
Je suis écoeuré par vos discussions
Plus concerné par l'information
Tout à été fait, tout à été dit
Je ne serais pas le millionième à gâcher ma vie
En rade
A quoi bon la politique ?
Les riches corrompus
Les cons apathique
Un parfum d'ennui me consume et m'enivre
La chair est si triste et j'ai lu tout les livres
Aucune mise en question, ni tergiversation
La ligne morne et droite de la soumission
Comme une autoroute la voie est toute tracée
Juste une note au péage pour se faire pomper
En rade
La lumière me gène quand il n'y a rien à voir
Le dégoût me prend pour chaque lueur d'espoir
Tout mes prochains rêves seront vos cauchemars
Devant le miroir je deviens blafard
Et qui pourra me dire si tout ceci à un sens
A quoi bon vivre pour la souffrance ?
Les pieds dans la tombe, la tête dans l'oubli
Tout est déjà payé à crédit
En rade
Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 10 2009 17:14
[Attention : Article indigeste à tendance cyber-punk en vue. Réfléchir peut donner mal à la tête]

Si vous lisez ce blog depuis un certain temps (ou si vous me connaissez de façon moins impersonnelle que par l'intermédiaire de ce blog) vous être probablement au courant que je poursuis des études de psychologie. La plupart du temps je précise sommairement que mon projet future est de faire un doctorat en psychologie cognitive, parce que c'est rapide et que d'un point de vue global c'est la vérité : mon but est d'étudier les grandes capacités cognitives du cerveau, en particuliers les facultés générales comme la mémoire, le raisonnement ou encore l'intelligence. Je prend par contre plus rarement la peine de préciser que les domaines que je compte aborder dans mes recherches futures concernent également les neurosciences, l'intelligence artificielle et plus largement ce que l'on appelle les sciences cognitives. Le jolie dessin ci-dessous montre les différentes disciplines impliquées dans ce projet de compréhension des système cognitifs organiques ou artificiels.


Je vais à présent présenter trois domaines d'étude des sciences cognitives et les présenter vaguement pour ensuite partir dans une extrapolation de leurs possibles applications futures.
_Le développement conjoint de la psychologie et des neurosciences permit par les nouvelles technologies (en grande partie la révolution de l'apport de l'IRM dans l'étude du cerveau et de ces capacités) nous autorise actuellement à définir peu à peu une "carte" du cerveau et d'indiquer quelles aires du cerveau sont responsables de telle ou telle capacité ou maladie mentale (un localisationniste fortement encouragé par la mouvance connexionniste). Les IRM permettent de nos jours de détecter rapidement un certain nombre de maladies touchant le cerveau ainsi que d'associer certaines lésions cérébrales à la perte de capacités cognitives.
_La création des intelligences artificielles est un projet mené par la psychologie cognitive qui élabore des modèles théoriques de traitement de l'information et de raisonnement. Ces modèles théoriques deviennent ensuite des programmes élaborés par les informaticiens et sont peu à peu perfectionné pour aboutir à la création d'intelligences artificielles limitées pouvant effectuer des tâches de façon autonome. On en arrive aux fameux drones de l'armée pouvant effectuer une patrouille de routine et de faire la différence entre un véhicule civil et un blindé. Les "maisons intelligentes" utilisent également un grand nombre de capteurs associés à une intelligence artificielle qui gère la température, la consommation d'électricité, repère les intrusions ...
_Cette connaissance accrue du cerveau permet également l'implantation de puce directement dans le cerveau qui permettent de supprimer les crises épileptiques, faire recouvrir une partie de leurs capacités aux sourds et aux aveugle et même permettre aux personnes atteintes du syndrome d'enfermement de communiquer de façon sommaire.

Projetons nous à présent d'une dizaine d'année (le temps que je finisse mes études et que la technologie se perfectionne) et associons ces trois domaines de recherches : On pourrait par exemple implanter une intelligence artificielle dans le cerveau d'un individu qui pourrait indiquer en temps réel ce qui se passerait dans le cerveau de cette personne, identifier certains comportements et les signaler ou même les faires disparaître. Les applications médicales seraient infinies, on pourrait par exemple implanter une de ces puces dans le cerveau d'un schizophrène pour faire disparaître définitivement les hallucinations chroniques et les délires, on pourrait réguler l'humeur des dépressifs et diminuer sensiblement leur taux de suicides.
Ce dispositif pourrait également servir à d'autres usages (et je sens que vous voyez où je veux en venir), contrôler d'autres types de pensées ou de comportements qui ne serait pas pathologique pour faire faire à peu près ce qu'on veut à n'importe qui (inhibition de sentiments comme la peur, limitation de libre arbitre). Le résultat pourrait être La dictature parfaite que l'on trouve dans tout film/livre/BD cyberpunk. Bien sûr tout ceci n'est qu'une extrapolation parmi tant d'autres à partir des connaissances actuelles sur le sujet. Je ne fais aucun jugement de valeur, je me contente d'y penser.

Je sais en tout cas que je préfère être du bon coté, celui qui programme la puce.
Par 404 - Publié dans : Geekitude - Communauté : Ecriture Ludique
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 10 2009 23:41
Suis en train de lire L'art d'avoir toujours raison (un titre qui a lui seul m'a interpellé) de Schopenhauer, ouvrage qui traite comme son nom l'indique en partie de la dialectique et d'un certain nombre de techniques oratoires qui permettent de s'assurer la victoire dans un débat même (surtout en fait) si ce que l'on énonce est faux.
Il y est souvent fait référence à Aristote et aux sophistes en général. Ces personnes possèdent une culture générale gigantesque et la mettant à profit pour débattre sur absolument n'importe quel sujet (mathématique, physique, littérature, philosophie, stratégie militaire. Je rêverais d'être capable d'une telle ambivalence) ou idée quelque puisse être leur véritable opinion sur la question. Il y a de quoi se poser un bon nombre de questions sur nos méthodes actuelles d'éducation (encore plus pour le cas de la France) quand on sait qu'à l'époque l'apprentissage rigoureux des méthodes mnémotechniques leur permettait de connaître parfaitement les sujets traités par plusieurs centaines de livres. Mêmes les meilleurs avocats feraient pâles figure devant le talent et les connaissances du discours de ces hommes, qui était pour eux évoqué de la même façon qu'un art ou une technique de combat.
Il est d'ailleurs assez regrettable que de nos jours la dialectique ait aussi peu d'utilité pratique dans la vie quotidienne que l'escrime (enfin sauf si on s'appelle Macleod). Cela rendrait j'en suis sûr la plupart des discussions ainsi que les débats télévisés bien plus intéressant. Que l'on ai affaire à des hommes politique ou à quelques écrivains/journalistes/"philosophes" le résultat est toujours le même : Un méli-mélo sponsorisé par Doliprane dans lequel les protagonistes parlent tous en même temps, se coupent la parole et restent agrippés à leurs positions du début à la fin. Mis à part les fois où je ne connaissais absolument rien au sujet du débat et que j'ai donc eu l'occasion de m'informer tout au long de celui-ci je n'ai jamais eu l'impression d'une quelconque avancé ou d'une véritable conclusion en regardant un débat à la télévision (mais cela vient probablement de ma vision chevaleresque de la dialectique, j'ai lu trop de livre des époques où on désignait un vainqueur et un vaincu lors de ce genre de discussions en évaluant la qualité des arguments proposés et l'adresse intellectuelle des protagonistes).

Pourquoi ne pas réinstituer cette pratique ? Je suis parfaitement conscient que dans l'état tout ces concepts, ces règles et ces techniques n'ont plus la moindre utilité car notre rapport au langage et notre façon de penser n'est plus la même mais je reste persuadé que le fait de savoir argumenter et opposer des idées sera toujours une qualité (parce que troller sur des forums reste une utilisation bien pauvre de la dialectique, et que ceux qui pratiquent ce genre d'activité s'en sortent beaucoup moins bien en face à face).
Mon article continuait sur la proposition d'élaborer une version actuelle de la dialectique qui puisse être apprise par tous quand la vision terrifiante d'un livre à la couverture bleu flash et au titre racoleur "La dialectique pour tous. Retrouvez confiance en vous dans vos discussions entre amis"  m'est venue à l'esprit...
Finalement Aristote et Schopenhauer ainsi que l'article wikipedia sur la rhétorique (parce que je n'ai pas cité ce mot une seule fois de l'article en plus) sont bien suffisant pour ce renseigner sur la question. Lira qui voudra...
Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 10 2009 00:00

Notre société a à présent pour habitude la surmédiatisation de tout. Tout peut se voir, tout le monde peut se tenir au courant et ce très vite. Il y a tellement de buzz chaque semaines que chaque informations importantes fait un coup d'éclat dans les médias pour disparaître quelques jours plus tard. Tout cela n'est même plus gênant puisque le monde vit à présent à ce rythme effréné et le plus souvent effrayé. L'instrumentalisation de la peur (et je ne saurais en parler aussi bien que Vaquette dans son « Crevez tous ») fait que tout ce qui est émotionnel est multiplié par mille. Il n'y a qu'à voir le bourrage de crâne médiatique que nous subissons avec la Grippe A, alors que les morts des grippe saisonnière n'ont jamais affolé plus que cela.

Je me demande (avec le sourire) ce qui se passerait au niveau des médias si jamais quelque chose de vraiment grave arrivait. Si par exemple nous étions confrontés à une véritable épidémie qui tuerait en masse dans les rues. Je vois difficilement en effet comment parler plus d'un événement que ce qui se fait pour à peu près tout. Je pense que le fait de crier au loup pour tout n'a pas plus terrorisé les gens mais les a juste rendu insensible à la majorité de ce qui peux se dire (je ne veux pas envisager que quelqu'un puisse avoir peur tout le temps de tout ce qui se dit à la télévision, ce ne serait pas une vie ... Mais nous restons l'un des pays qui consomme le plus d'antidépresseurs alors je ne suis sûr de rien).

Imaginons un instant que personne ne prennent au sérieux les messages d'avertissement de la vrai épidémie et que même mettre des militaires dans la rue ne produise aucun effet (qui s'étonne encore de voir un type passer famas au poing dans une gare sncf ?). Cela serait d'une ironie qui j'en suis sûr me ferais bien rire.

On en arriverais à une version aliénée du désormais célèbre syndrome du Titanic (je vous l'avez bien dit pour la transition, normal quand on écrit les articles à la chaîne, j'aimerais aussi ajouter que personnellement le syndrome du Titanic me semble être pour ma part une très belle façon de vivre sa vie, ces termes résument pas mal d'histoires sentimentales qui plus est) : les types à bord du bateau ne ferait strictement rien non pas par « courage aristocratique » mais parce qu'ils seraient persuadés que le coup de l'iceberg ne serait qu'une tentative de plus pour le capitaine d'empêcher ses passagers de se plaindre de la nourriture pas assez chaude ou du manque de propeté des toilettes.


Si vous me cherchez je suis sur un des transats du pont principal, un verre de whiskey à la main ...

Par 404 - Publié dans : La réalité : simulacre et simulation - Communauté : Les chroniques de la meute
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Un pigeon de plus

Un jour de plus en moins ...

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