Samedi 9 mai 2009
Dans un peu moins d'un mois se dérouleront les élections européennes, une occasion pour moi de voter pour la première fois et profiter une fois de plus (les rituels sont nombreux ces derniers temps) d'un acte attribué comme tant d'autre au passage vers l'âge adulte.
Néanmoins et comme je l'ai déjà exposé à plusieurs reprise je n'ai pas d'attente particulière envers ce vote si ce n'est sa dimension symbolique. Tout d'abord je ne pense pas que le résultats des élection européenne aura une quelconque influence politique ou marquera un changement dans ma vie quotidienne. Qui plus est après avoir commencé à me documenter sur la question je ne vois pas le moindre partie qui me convienne dans ses idées ou une mouvance vers laquelle je puisse me sentir proche, je sais donc d'avance que mon vote risque fort d'être de la blancheur d'un rail de cocaïne sur l'échine d'une prostituée.
D'un point de vue plus général je ne crois pas à la valeur du vote, surtout quand il n'y a pas un seul candidat qui sorte du lot pour ses qualités ou un projet qui innove réellement. Les gens ne votent que pour éliminer une personne que telle ou telle source d'information (ou homme politique) critique ('Tu insinue que les gens ne pensent pas par eux-même ? Ou trop peu ? Je ne peux en entendre d'avantage"), la personnalité et le charisme (pourtant souvent inexistant dans les faits) semblant primer sur les idées et projets.
Je vais donc me diriger vers les urnes comme tant d'autres : machinalement et avec la certitude que cela ne changera rien aux problèmes quotidiens. Avec pour seule motivation le fait d'expérimenter une chose encore inconnue. Un sourire amère vis à vis de tout le tapage médiatique mis en place pour inciter les gens au vote, comme si cela changeait quoi que ce soit, comme si l'on pouvait masquer l'odeur du cadavre démocratique exhibé ici et là (un peu trop de lyrisme, mais l'idée est là).
J'aimerais également que cet article provoque des réactions et amène des arguments en faveurs du vote, parce que je suis toujours prêt à mettre à l'épreuve mes idées et que la confrontation sur ce genre de sujet me semble des plus saines (mais que l'on ne vienne pas me dire que voter Chirac à permis de sauver la démocratie de Le Pen ... S'il vous plaît).
Par 404 - Publié dans : La réalité : simulacre et simulation - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Samedi 2 mai 2009
L'art de se plaindre tout le temps permet de critiquer le fait qu'il ne se passe rien comme une reprise des anciennes activités, il est tellement facile de ne voir que les aspects négatifs d'un évènements. Le fait est que le temps passe, que les choses changent et qu'il nous est impossible de faire autrement, étant nous-même entraîné sur un autre chemin.

Je pense qu'en tant que grand opportuniste je ne parviens pas à accepter le changement quand il est en ma défaveur ou contraire à ma volonté. Comme si cela pouvait changer quoi que ce soit.
Ci dessous une image d'un jeux aussi étonnant et malsain que passionnant (ces trois choses allant souvent de concert bien que n'étant liée en rien).
Je m'excuse d'avance pour tout les déçus par le manque de profondeur de cet article, celui-ci n'ayant pour but que d'exprimer un sentiment diffus, une vague mélancolie que l'alcool aide quelque peu (ou pas, tout dépend du point de vue sur la question) à mettre en mots.

Parce que 404 se soucie avant tout de votre occupation (en bon histrion du net, le choix du terme est loin d'être innocent, je préfère prétendre à cela plutôt que de me vautrer dans le ridicule comme Francis Lalanne) voici ci dessous les liens de deux vidéos d'une grande beauté (bien que réalisées par un parkinsonien) traitant de la catastrophe de Tchernobyl et de la zone abandonné (je sais que cela n'a rien à voir avec l'article, si ce n'est la mélancolie --> so dark !).
Vidéo 1     Vidéo 2
Par 404 - Publié dans : Là ou je parle (un peu) de moi - Communauté : Les chroniques de la meute
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Vendredi 1 mai 2009

?

"Est ce que la réflection des rayons du soleil par la lune est suffisante pour permettre un bronzage léger ?"
"Ressentirions-nous de façon immédiate et brutale tout les effets de la pression en plongeant dans l'eau après qu'une cloche de plongée nous ait amené à plus de 3000 mètres de profondeur ?"
"Après un important rétrécissement et à cheval sur un électron, serions-nous encore capable de nous voir dans un miroir ?" (J'avoue, celle là je l'ai piqué à Einstein).

Le fait de se poser des questions est selon moi une activité essentielle et fondamentale (même si les questions ci-dessus sont loin d'être des préoccupations quotidiennes), même si la question est stupide ou peu intéressante, même si la réponse est déjà partiellement connue ou ne vise qu'à montrer des faiblesses dans une argumentation.
Je ne vois pas de démarche plus saine et productive, à l'opposé de l'attitude consistant à prendre pour vérité tout ce qui nous est raconté. Questionner c'est remettre en cause tout et son contraire, essentiellement nous même au travers de tout ce qui nous concerne ou nous intéresse, le questionnement étant l'outil fondamental de la remise en question.

Cela me fait penser à une excellente interview de Jacques Brel qui décrit la bêtise (l'absence de questionnement constant) comme une "graisse" autour du coeur et du cerveau (L'interview est disponible ici , le passage en question se trouve à 4 minutes et 51 secondes pour les pressés). Je pense qu'en effet la stagnation dans un état est la plus mauvaise chose qui puisse arriver à quelqu'un (que cet état soit agréable ou pas) puisqu'il induit une absence de remise en question (à moins de supposer qu'il exister un état "parfait", ce n'est pas mon cas), il en est de même pour tout les prétendument "blasé" car il faut une incroyable dose de stupidité ou de mauvaise foi pour se vanter de TOUT connaître.

J'espère ne jamais m'arrêter de poser des questions sur ce qui m'entoure, même si je n'ai pas de réponse, surtout si je n'en ai pas à vrai dire.
Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : Ecriture Ludique
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Jeudi 30 avril 2009
_ L'obscurité n'est qu'une boîte. Les gens qui ont peur du noir ne craignent que ce qu'ils viennent d'y mettre.

_ Quiconque connaît l'histoire de Narcisse ne peut sincèrement croire aux vertus de l'introspection.

_ La nuit je médite en attendant le sommeil tandis que mes journées ne sont constituées que d'activités stupides. Le véritable philosophe est celui qui réfléchit en continu .

_ L'instant de légère euphorie éthylique qui précède presque immédiatement l'ivresse totale ne peut être apprécié à sa juste valeur que par ceux qui ont connus toutes les dépravations de l'alcool.

_ Ce n'est que par l'alcool et le sexe que l'on peut accéder au véritable apaisement. Tout spirituel se devrait de vivre comme Bacchus.

_ Boire seul, sans autre compagnie que le silence d'une ville endormie. Et dans ce moment où plus grand chose n'a d'importance, mettre à l'épreuve ses convictions.

_ Je ne conçois pas que l'on puisse écrire autrement que de manière obsessionnel et dans la douleur. Une écriture fluide et sereine est suspecte au delà de tout, sans doute motivée par quelques buts inavouables...

_ L'erreur des tyrans à toujours pour origine la paranoïa, plus précisément son manque ou son excès. Plus que la colère ou la peur la valeur d'un homme s'exprime dans son contrôle de la paranoïa.

_ Préférer le tragique au joyeux, romantique, victorieux, haineux ou comique ne dénote rien de plus qu'un goût pour l'esthétique. Puisque seul ce qui échoue dramatiquement possède une grâce véritable.

_ La mythologie nordique est la seule à annoncer et décrire la mort de ses dieux. On ne peut y voir qu'une extraordinaire lucidité, puisque seul ce qui possède une fin existe vraiment.

_ Ce qu'il y a de rageant avec la lassitude, c'est qu'elle s'attaque à tout, même à notre propre personne. On se retrouve alors dans une situation inconfortable, aucune solution ne se présentant face à ce problème.

_ J'ai dévoré les livres pendant des années dans l'espoir d'y trouver une réponse. A présent ma cadence de consommation n'a pas ralentie mais je n'ai plus aucune attente envers la moindre révélation.

_ Le révélateur le plus efficace de l'importance de quoi que ce soit et la grandeur de la déception qu'elle est capable d'infliger. On ne peut donc pas connaître son importance avant d'avoir été mis à mal ou d'en connaître la fin. Le bonheur n'indique rien.

_ En règle générale les gens ne s'accroche qu'à une seule qualité et la chérisse (à supposer qu'ils en aient d'autres). Toute remise en cause de celle-ci entraînera une réaction violente, comme si toute leur personne étant en jeu ...

_ La raison pour laquelle nous avons tant de mal à accepter l'idée de fin dans notre quotidien tiens à ce que notre philosophie est basé sur le concept de temps. Qu'adviendrait la société sans celui-ci ?
Par 404 - Publié dans : Textes, aphorismes... - Communauté : Accueil et présentation
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Mercredi 29 avril 2009
[Dommage que "Bébé criminel" de Jean Louis Costes ne soit pas dispo sur Deezer, on peut néanmoins le trouver ici en streaming sur la page de tubu qui lui est consacré, je constate aussi que le site officiel de Costes ne marche plus ...]

Je trouve notre pédagogie et notre façon de voir les enfants affligeante. La société (occidentale du moins, je ne sais ce qu'il en est pour le reste du monde) s'attèle dès la naissance d'un enfant et jusqu'à ses dix-onze ans à construire un monde idéal et inoffensif. Tout est étudié dans ce bus : les jouets, le mobilier qui va entourer l'enfant pendant une décennie, les émissions qu'il va regarder, jusqu'à la façon dont on s'adresse à eux (pourquoi parler bizarrement à un enfant ? Est ce que prendre un ton stupide lui permet de mieux comprendre le sens de la phrase ?).
Tout cela n'est à mon sens qu'un désir fou de la part des gens de construire le monde tel qu'il "devrait être" et leur permettre d'oublier l'abomination qui se trouve dehors. Ah quoi bon reproduire indéfiniment le mythe de la caverne de Platon en parlant à chaque enfant du monde comme étant rose et idyllique ? Sauf erreur de ma part ce qui se trouve dehors n'est pas rose, bien au contraire. Les gens se complaisent à entretenir cette illusion tout en tentant de retarder au maximum (et ne prendre aucune part de responsabilité) la désillusion immense de l'enfant qui découvre que la vie n'a rien à voir avec un épisode de Dora l'exploratrice (celui là ne compte pas, il montre ce que devrait être Dora).

Inévitablement il arrive un moment où l'enfant doit apprendre que la vie n'est pas rose et qu'elle consiste plutôt à tuer son voisin en lui rabotant le nez à coup de cendrier pour lui piquer son argent, sa voiture et se faire sa femme. Je me demande ce qu'il adviendrait si un enfant était traité en adulte dès sa naissance (avec néanmoins plus de patience et une façon de s'en occuper adaptée). Parents, arretez de construire un cocon autours de vos enfants !

Contrairement à ce que l'on pense une société ne se définit pas uniquement par la façon dont elle traite ses morts et ses fous mais aussi ses enfants, ceux ci étant les moteurs se la génération future.
Par 404 - Publié dans : La réalité : simulacre et simulation - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 28 avril 2009
_ Hey tu as vu que le film est sorti ? Depuis le temps que le l'attend je crois que je vais le voir dès la sortie nationale. Ça te tente de venir demain après midi ?

_C'est vrai que j'aimerais beaucoup le voir mais je peux pas, je meurs dans trois heures.

_Ah oui c'est vrai, je m'en souviens jamais. Ça se passe comment déjà ?

_Je vais rentrer chez moi et à cause de mon mp3 je ne vais pas entendre le poids lourds qui grille le feu, si je me souviens bien ce sera rapide et presque indolore, dommage que ce soit si tôt.

_Moi pareil, ça va arriver dans moins d'un an. Un cancer des os long et douloureux, d'ailleurs je crois que je vais pas tarder à commencer à en ressentir les effets, super ...

_ C'est déconné en plus, je connais une fille qui mourra pas avant cinquante ans d'une rupture d'anévrisme foudroyante, le gros lot.

_Encore mieux que de mourir de vieillesse ... Enfin on se retrouve pas en légume c'est déjà ça.

_Ouai, bon je vais pas tarder à y aller, mon camion "m'attend". Bon restant de vie.

_On va essayer, bye.
Par 404 - Publié dans : Textes, aphorismes... - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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Lundi 27 avril 2009
Ma première année de psychologie est déjà bien entamée, et malgré le fait que le second semestre n'ai commencé que de façon très morcelé je suis assez satisfait des cours auxquels j'ai pu assister. Les sujets abordés ne présentant que peu d'intérêt étant rares je ne suis pas souvent sorti d'un amphithéâtre sans le sentiment agréable d'avoir été nourri intellectuellement parlant.
Cependant une des critiques que je pourrais faire sur ce bilan précoce de ma première année se porte en grande partie sur la psychanalyse et dans une moindre mesure sur la psychologie clinique dans son ensemble. Je regrette sincèrement que la psychologie clinique française n'ait pas réussie à prendre ses distances avec la psychanalyse comme c'est déjà le cas depuis de nombreuses années en Amérique (du nord, tandis que l'argentine reste une terre freudienne), en Angleterre, en Allemagne ...

Je trouve étonnant voire assez gênant que les concepts psychanalytiques ainsi que l'histoire des découvertes freudienne sur la psyché soit énoncés en cours de psychologie clinique comme des vérités allant de soi (ou d'elles mêmes, je ne suis pas certain de la formulation) alors qu'elles font justement l'objet de profondes remises en question et même de réfutations depuis une dizaine d'années grâce au travail de nombreux historiens ainsi que l'arrivée toute récente des neurosciences dans le domaine psychologique.


Je pense qu'une importante prise de recul s'impose vis à vis de concepts comme la théorie de la séduction ou le récit des "fantastiques" découvertes freudienne sur, entre autre, la sexualité infantile ou l'inconscient. A vrai dire la simple mention du débat que font ces concepts dans le monde psychologique et psychanalytique me suffirait car cela serait toujours préférable à un dogmatisme conservateur et frileux se bloquant face à une science en constante évolution. La différence est d'ailleurs flagrante entre d'une part des cours de psychologie clinique (et donc de psychanalyse, car en France ces deux disciplines semblent ne faire qu'une ce qui je le répète est presque unique au monde, la plupart des pays travaillant à en faire une véritable science basé sur l'expérimentation et la démonstration) qui sont dogmatiques et certains dans leurs affirmations et d'autre part des cours de disciplines comme la psychologie cognitive ou la psychologie du développement qui avancent modestement ne pas avoir de réponses à de nombreuses questions et que les réponses actuelles aux autres questions seront peut être réfutées d'ici quelques années.

Le fantôme de la psychanalyse est actuellement un fardeau pour la psychologie française qui devrait être relégué à une présence purement historique associée à une forte prise de recul.
Par 404 - Publié dans : Culture et choucroute - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Dimanche 26 avril 2009
Je suis assis sur ce fauteuil depuis des heures. Mis à part mes yeux explorant à leurs guise le décor environnant je suis quasiment immobile. Je laisse mon esprit vagabonder, ressasser de vieux problèmes et s'enchanter devant des idées nouvelles. A mon grand étonnement l'ennui et le désoeuvrement ne se font pas ressentir, comme si je faisais exactement ce que j'étais supposé faire à cet instant.
Je pourrais être ici depuis des jours ou une poignée de minutes, cela ne changerais strictement rien. Dehors les gens s'affairent sur une multitude d'occupations variées, s'agitent, naissent et meurent. Pour eux chaque seconde est importante et marque la continuité de quelque chose mais pas pour moi. Je pourrais avoir existé depuis toujours, figé dans cette attitude pensive, ou venir d'être crée par quelque cuve d'incubation futuriste pour avoir été posé ici très récemment. J'éprouve cette sensation grisante d'être en dehors du temps tout en pouvant en être le spectateur, la course du soleil à l'extérieur me rappelant que la vie suit son cours pour beaucoup d'autres.
A cet instant mon plus grand désir est de me figer définitivement, sentir le bronze couler dans mes veines et s'infiltrer dans mes muscles, constater que mes articulations se bloquent et que mon torse engoncé dans sa coque de métal gardera à jamais cette position. J'ordonne vainement à chacune de mes cellules de cesser toute activité et de s'évertuer à ressembler aux atomes constitutif du nickel et du plomb. Rien de tout cela ne se produit.
Sentant que je m'éloigne de son influence le temps me rappel à l'ordre et me replace dans ses engrenages. Je ne suis plus une statue omnisciente mais un simple assemblage de chair et d'os, je me relève lentement pour m'affairer à mon tour, tout en sentant sur moi le regards de toute les autres statues, regrettant de ne pouvoir me compter dans leur rang.
Par 404 - Publié dans : Textes, aphorismes... - Communauté : Les chroniques de la meute
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Vendredi 24 avril 2009
De retour de Londres (mercredi soir en fait, les jours suivant ont été alloués au repos) avec "des images plein la tête" (ce qu'il y a de rageant avec les clichés c'est qu'ils sont parfois vrais).
Plus sérieusement ce fût un séjour très profitable tant au niveau des divertissements que des constatations faites entre deux cultures proches mais qui diffèrent pourtant en de nombreux points. On est loin du choc culturel que pourrait occasionner un séjour en Amérique du sud ou en Afrique, où les ressemblances sont rares, d'autant plus que l'Angleterre et la France ont un long passif en commun. C'est un ensemble de petites choses au niveau de la mentalité et des habitudes qui nous plongent dans une atmosphère sensiblement différente du chez-soi habituel (pas besoin de changer de pays pour ressentir ceci, certaines régions française y parviennent également).
Il ne reste à présent que des photos pour prouver que ces instants ne sont pas issus de notre imagination et une sensation persistante de nostalgie à la pensée d'horizons différents poursuivants leurs chemins de leurs cotés...
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Jeudi 16 avril 2009
Je m'excuse pour le peu de publications sur ce blog ces derniers temps. La vérité est qu'il est assez difficile (pour utiliser la litote) d'écrire, de réagir face à ce qui nous entoure, quand il ne se passe strictement rien, rien de plus qu'une vague attente d'un tas de chose. Plus particulièrement l'attente d'un voyage d'une semaine à Londres qui débutera demain soir. J'ose espèrer que cette semaine qui promet d'être riche en évènements suivie d'un retour à la normal au niveau professionnel saura m'apporter la matière qui m'a fait tant défaut ces derniers mois.
Néanmoins pour continuer de vous apporter un semblant de nourriture intellectuelle en attendant mon retour je joint à ces plates excuses un texte d'Emil Cioran (avec Vaquette, toujours, mes Brothers of Destruction à moi) intitulé "L'art du dédoublement" qui aurait pu me convaincre à lui seul de me lancer dans les études que je poursuis actuellement. Un de ces textes dont la lecture remplie de stupeur tellement les idées énoncées sont semblables aux notres. Je me reconnais dans chacune des phrases, ce texte fait partie des choses qui me permettent de tenir face aux remarques, aux perturbations et aux autres obstacles que j'ai et aurais encore à rencontrer.

       L'art d'être psychologue ne s'apprend pas --- il se vit et s'éprouve, car on ne trouvera aucune théorie qui fournisse la clé des mystères psychiques. Nul n'est fin psychologue s'il n'est lui-même un objet d'étude, si sa substance psychique n'offre constamment un spectacle inédit et complexe propre à susciter la curiosité. On ne peut pénétrer le mystère d'autrui si l'on en est soi-même dépourvu. Pour être psychologue, il faut connaître suffisament le malheur pour comprendre le bonheur, et avoir assez de raffinement pour pouvoir devenir barbare ; il y faut un désespoir assez profond pour ne plus distinguer si l'on vit au désert ou dans les flammes. Protéiforme, centripète autant que centrifuge, votre extase devra être esthétique, sexuelle, religieuse et perverse.
       Le sens psychologique est l'expression d'une vie qui se contemple elle-même à chaque instant et qui, dans les autres vies, voit autant de miroirs ; en tant que psychologue, on considère les autres hommes comme des fragments de son être propre. Le mépris que tout psychologue ressent pour autrui enveloppe une auto-ironie aussi secrète qu'illimitée. Personne ne fait de psychologie par amour : mais plutôt par une envie sadique d'exhiber la nullité de l'autre, en prenant connaissance de son fond intime, en le dépouillant de son auréole de mystère. Ce processus épuisant rapidement les contenus limités des individus, le psychologue aura vite fait de se lasser des hommes : il manque trop de naïveté pour avoir des amis, et d'inconscience pour prendre des maîtresses. Aucun psychologue ne commence par la scepticisme, mais tous y aboutissent. Cette fin constitue le châtiment de la nature pour le profanateur de mystères, pour le suprême indiscret qui, ayant fondé trop peu d'illusions sur la connaissance, aura connu la désillusion.
       La connaissance à petite dose enchante ; à forte dose elle déçoit. Plus on en sait, moins on veut en savoir. Car celui qui n'a pas souffert de la connaissance n'aura rien connu.

Emil Cioran, Sur les cimes du désespoir.
Par 404 - Publié dans : Autres - Communauté : Accueil et présentation
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Un pigeon de plus

Un jour de plus en moins ...

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