Cet article possède une volonté d'universalité. Je vais essentiellement parler de choses qui me concernent (au début) mais je pense que je ne suis pas le seul dans ce
cas et que tout ceci est donc généralisable : Je suis un adepte (plutôt fidèle ces derniers temps) de la procrastination. J'ai pour habitude d'élaborer en tout temps un tas de projets touchant à
des sujets très variés, ils mûrissent, se développent et prennent forme. Cependant il arrive souvent que je ne trouve pas la force, la volonté ou tout simplement l'envie de m'atteler à ce qu'il
deviennent réalités. Les projets arrivés à terme sont le plus souvent le fruit d'une très longue réflexion (pas forcément intense, celle ci est même le plus souvent inconsciente) ainsi que les
rares survivants d'une véritable hécatombe théorique : seul les idées les plus intéressante et résistant le mieux à l'aboulie étant capable de survie.
Je ne considère pas cela comme une bonne chose, bien que ce "mécanisme" permette d'éliminer un certain nombre d'idées qui se seraient essouflées trop vite dans la pratique ou qui se sont révélées
ennuyeuses ou peu dignes d'intêret avec le temps et l'approfondissement. Disons que bien que je pense que le fait d'avoir une multitude de projets soit une chose saine et qu'il est important de se
donner les moyens de les réaliser, je ne suis pas pour autant plus motivés quand un effort que je sais important se présente à moi.
Voici donc la partie où je généralise : Ce fait me semble générationnel au plus haut point (ou alors si l'on veux être plus large, ma génération et celle d'avant, y et x) car plus l'évolution de
l'Homme se poursuit plus celui-ci substitue l'acte à la pensée. Il n'est pas difficile de remarquer que le concret est de plus en plus dévalorisé au profit de l'abstrait (avec les connotations que
cela implique, positives ou négatives, je ne ferais pas de jugement moral). De nos jours les gens sont trop lucides et réceptifs à l'absurdité des choses pour se lancer dans une action (un acte)
quand il ne sont pas certain des résultats. Le résultat prime plus que jamais et il est donc important que le résultat soit proportionnel (supérieur si possible) à l'effort apporté. A quoi bon
investir du temps et de l'énergie quand la réussite est compromise ? Malheureusement ce n'est pas un raisonnement très avantageux sur le long terme.
NB : Les français sont connus pour être doués pour inventer des choses mais pas pour les produire (l'industrie et l'histoire du progrès technologique regorge d'exemples), peut être que ce trait de
caractère vient également en partie du pays ?
Tiens c'est marrant je suis exactement comme toi.
D'ailleurs cela fait quelques jours que je glande, comme si j'attendais qu'une force extérieur me tire de ma oisiveté.
Ah que j'ai horreur d'être un leecheur, mais aujourd'hui je pense avoir eu un peu plus de volonté pour m'atteler à mon projet :)
Commentaire n°1
posté par
thibault
le 08/07/2009 à 12h21
En général (et heureusement) ça arrive par période, qui sont suivis d'hyperactivité dans tout les domaines. Faut bien rattraper le temps "perdu".
Commentaire n°2
posté par
404
le 09/07/2009 à 17h36
Tiens tiens, j'avais raté cet article.
J'ai accroché sur le titre, ce sont des mots qui me reviennent souvent à l'esprit.
Pour faire simple, j'ai souvent ces montées d'adrénaline sur un sujet X ou Y, ces pulsions créatives qui me poussent à rester jusqu'à des heures pas possibles sur internet pour puiser le maximum
d'informations sur un sujet qui, la veille, ne me serait même pas venu à l'esprit. Je ne sais ni d'ou elles viennent, ni à quelle fréquence elles se répèterons. Elles sont là et elles l'ont
toujours été. Quoiqu'il en soit (et je ne sais pas si c'est pareil pour toi), elles sont toujours accompagnées d'une soif d'informations, d'avancée, de projets et de "TOUT DE SUITE!". Impatience,
curiosité, hyperactivité. Quand j'ai un sujet en tête, je me penche dessus 24h/24, et ça dure plusieurs jours. Non stop. Je ne pense qu'à ça, et à tout ce qu'il y a autour. Et je crée, je cherche,
j'écris, je m'informe. Je suis bien, réellement bien.
Mais au final, il arrive un moment ou ça diminue. Je ne sais pas pourquoi. J'arrive à une phase (non terminée, bien évidemment) ou l'envie est moins forte, ou je passe tout simplement à autre
chose, alors que quelques jours auparavant je ne parlais que de ça. A un tel point que dès que je commence quelque chose d'autre, on me pointe du doigt en proférant "Tiens, voilà encore ta nouvelle
folie et dans deux jours c'est fini". C'est frustrant, bien évidemment. PArce que quand je me lance dans un projet, je suis persuadée que cette fois ci, j'irai au bout ! Cette fois ci, c'est
différent. Parfois oui, ça l'est. Et parfois non. Et j'y repense avec le sourire.
Quelle raison ? Plusieurs, à mon avis.
Ne penses-tu pas qu'il y a en permanence cette "peur du vide" qui joue un rôle là dedans ? Quand tu commences un projet, les idées fusent, tu as une tonne de choses à faire, tout plein de trucs à
organiser. Mais plus tu avances, moins les choses à faire sont nombreuses. Et plus tu t'approches de la phase "c'est fini". Et après le "c'est fini", qu'est-ce qu'il va te rester pour te sentir
exister ? Rien. Ou un autre projet. Mais ce projet là, tu préfères (inconsciemment, j'imagine) le commencer en même temps que l'autre. Il semblerait que ce blues d'après création soit véritablement
une crainte pour bon nombre d'entre nous.
Et puis oui, bien sur, la peur du résultat. Il n'est pas rare que lorsque l'"objet" est terminé, l'auteur rentre dans une profonde période de doute. Pourquoi comme ça et pas autrement ? Et si je
changeais ça ? Est ce que cette version est la bonne ? C'est finalement "faire un choix" qui est difficile, et que l'esprit peut vouloir éviter de peur de se tromper, de ne pas faire le bon
choix.
...
Commentaire n°3
posté par
B e l l e i n g e n u e
le 04/10/2009 à 02h04
J'ai oublié une idée : tout ça, c'est un peu comme une relation amoureuse. Il y a cet entrain du début, cette passion incommensurable propice à l'épanouissement. Une sorte de montée vers le sommet.
Et qui dit sommet dit redescente. Et c'est peut être cette redescente vers la période de stagnation, de vide, que l'on cherche à éviter. Arrêter avant la redescente. On retrouve souvent ce genre de
schéma en "amour".
Parraît-il qu'il faut tenir le coup pour le "après", qui est beaucoup plus constructif.
M'enfin.
Bonne soirée :)
Commentaire n°4
posté par
B e l l e i n g e n u e
le 04/10/2009 à 02h08
--> J'aime beaucoup ton parallèle avec les relations amoureuses (c'est assez parlant pour moi). Par contre j'adhère moins pour ce qui est de la "peur du vide", mais c'est un sujet suffisamment
personnel pour que nous ayons chacun notre point de vue sur la question.
Pour ma part quand un projet me tiens vraiment à cœur je suis hanté par la peur de ne pas être à la hauteur et ne pas réussir à donner forme à ce projet si formidable, paradoxalement les choses que
je réussis le mieux sont celles qui ne m'importe pas tant que ça.
Commentaire n°5
posté par
404
le 04/10/2009 à 19h29
D'ailleurs cela fait quelques jours que je glande, comme si j'attendais qu'une force extérieur me tire de ma oisiveté.
Ah que j'ai horreur d'être un leecheur, mais aujourd'hui je pense avoir eu un peu plus de volonté pour m'atteler à mon projet :)
J'ai accroché sur le titre, ce sont des mots qui me reviennent souvent à l'esprit.
Pour faire simple, j'ai souvent ces montées d'adrénaline sur un sujet X ou Y, ces pulsions créatives qui me poussent à rester jusqu'à des heures pas possibles sur internet pour puiser le maximum d'informations sur un sujet qui, la veille, ne me serait même pas venu à l'esprit. Je ne sais ni d'ou elles viennent, ni à quelle fréquence elles se répèterons. Elles sont là et elles l'ont toujours été. Quoiqu'il en soit (et je ne sais pas si c'est pareil pour toi), elles sont toujours accompagnées d'une soif d'informations, d'avancée, de projets et de "TOUT DE SUITE!". Impatience, curiosité, hyperactivité. Quand j'ai un sujet en tête, je me penche dessus 24h/24, et ça dure plusieurs jours. Non stop. Je ne pense qu'à ça, et à tout ce qu'il y a autour. Et je crée, je cherche, j'écris, je m'informe. Je suis bien, réellement bien.
Mais au final, il arrive un moment ou ça diminue. Je ne sais pas pourquoi. J'arrive à une phase (non terminée, bien évidemment) ou l'envie est moins forte, ou je passe tout simplement à autre chose, alors que quelques jours auparavant je ne parlais que de ça. A un tel point que dès que je commence quelque chose d'autre, on me pointe du doigt en proférant "Tiens, voilà encore ta nouvelle folie et dans deux jours c'est fini". C'est frustrant, bien évidemment. PArce que quand je me lance dans un projet, je suis persuadée que cette fois ci, j'irai au bout ! Cette fois ci, c'est différent. Parfois oui, ça l'est. Et parfois non. Et j'y repense avec le sourire.
Quelle raison ? Plusieurs, à mon avis.
Ne penses-tu pas qu'il y a en permanence cette "peur du vide" qui joue un rôle là dedans ? Quand tu commences un projet, les idées fusent, tu as une tonne de choses à faire, tout plein de trucs à organiser. Mais plus tu avances, moins les choses à faire sont nombreuses. Et plus tu t'approches de la phase "c'est fini". Et après le "c'est fini", qu'est-ce qu'il va te rester pour te sentir exister ? Rien. Ou un autre projet. Mais ce projet là, tu préfères (inconsciemment, j'imagine) le commencer en même temps que l'autre. Il semblerait que ce blues d'après création soit véritablement une crainte pour bon nombre d'entre nous.
Et puis oui, bien sur, la peur du résultat. Il n'est pas rare que lorsque l'"objet" est terminé, l'auteur rentre dans une profonde période de doute. Pourquoi comme ça et pas autrement ? Et si je changeais ça ? Est ce que cette version est la bonne ? C'est finalement "faire un choix" qui est difficile, et que l'esprit peut vouloir éviter de peur de se tromper, de ne pas faire le bon choix.
...
Parraît-il qu'il faut tenir le coup pour le "après", qui est beaucoup plus constructif.
M'enfin.
Bonne soirée :)
Pour ma part quand un projet me tiens vraiment à cœur je suis hanté par la peur de ne pas être à la hauteur et ne pas réussir à donner forme à ce projet si formidable, paradoxalement les choses que je réussis le mieux sont celles qui ne m'importe pas tant que ça.